La réorganisation productive en agriculture, qu’est-ce que c’est ?

 

 

Innover en agriculture ? Pas juste une question de technique !

Depuis le milieu du siècle dernier, l’agriculture française a connu de profondes évolutions qui en quelques décennies, ont fortement modifié les modèles économiques et les paysages ruraux. Aujourd’hui, l’agriculture française doit faire face à une nouvelle mutation : les besoins des consommateurs et consommatrices évoluent ainsi que les attentes des citoyens et des citoyennes face au défi majeur du changement climatique  à la santé des écosystèmes, la disponibilité de l’eau, la qualité des sols, etc… Plus encore, la mondialisation continue de rendre les marchés volages et il faut faire face à des fluctuations permanentes des prix.

Confrontée à cette situation sans précédent, l’innovation technique seule suffira-t-elle ? L’agriculture dispose heureusement de nombreux autres atouts dans ses territoires  pour innover.

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Selon Marc Giget, docteur en économie du développement, un récent sondage (Etude OpinionWay, 2016) montre qu’en général, les citoyens réclament des innovations « qui améliorent vraiment la vie » avec comme principales attentes :

  • –  me simplifier la vie (49%),
  • –  préserver l’environnement (42%),
  • –  être accessible au plus grand nombre (41%).

L’innovation en agriculture revêt diverses formes

Les récentes innovations agricoles prouvent qu’une amélioration de la qualité du travail et des produits se fait parfois par d’autres leviers que l’augmentation de la production. L’innovation n’est pas seulement technologique, elle revet diverses formes : elle peut être sociale (management, regroupements, solidarités…), organisationnelle (autonomie fourragère, diversification, valorisation du travail…) ou encore numérique (réseaux d’agriculteurs, application des recherches, techniques…).

Face aux défis, l’innovation est souvent la seule solution. En agriculture, les agriculteurs qui souhaitent augmenter leur capacité de résilience face aux difficultés du siècle à venir se réunissent et innovent souvent de concert pour améliorer leur efficience organisationnelle.

S’agissant tout d’abord du volet économique, dans un contexte marqué par la dérégulation de certains marchés devenus mondiaux, l’objectif principal est d’assurer la viabilité et la pérennité des exploitations et de garantir un niveau de rémunération satisfaisant aux agriculteurs et agricultrices et aux salariés et salariées.

Pour innover, le monde agricole s’ouvre également davantage aux autres secteurs d’activité. Marketing, communication, export, labelisations, règlementations, tous les domaines sont bons pour permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leur activité. La très bonne santé du site « miimosa », plateforme de financement collaboratif en agriculture peut en attester, l’innovation agricole se porte bien et elle est souvent le fruit de projets collectifs.

Face à l’urgence environnementale mondiale, l’innovation en agriculture peut devenir un véritable atout en matière de compétitivité. Mais la concurrence internationale entre des produits agricoles européens soumis à des normes sanitaires et environnementales nécessaires décidées collectivement, et d’autres qui n’ont pas ces normes, conduit à une course permanente à la recherche de prix toujours plus bas et peut ainsi impacter la capacité des agriculteurs et des agricultrices européens à innover. Il faut donc parfois se tourner vers de nouvelles formes d’innovations, dont les circuits économiques, sociaux et intellectuels sont en permanence à réinventer.

« Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ».  Aristote

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Le projet REPRO-INNOV vise à étudier et à caractériser ces nouvelles formes d’organisation productive au sein des filières agro-alimentaires, à partir d’approches pluridisciplinaires en sciences sociales visant l’analyse des processus d’innovation. L’objectif est de mieux comprendre comment des innovations peuvent ou non favoriser la transition vers des systèmes agro-alimentaires plus durables. Ce projet s’organise en 3 volets de recherche qui visent à croiser des regards complémentaires sur l’innovation régionale dans l’agro-alimentaire : un premier volet porte sur les dynamiques nationales et régionales d’innovations, un second propose des travaux sur les coopératives agricoles et enfin un troisième volet, sur l’articulation entre réseaux d’entreprises et territoires pour des projets innovants.

Plus d’informations : http://psdr.fr/archives/INS413PDFN1.pdf)  

Un des objectifs est donc de mieux comprendre l’influence des dimensions spatiale et de mises en réseau d’acteurs sur les processus d’innovation et sur leurs performances à l’aide d’une méthodologie d’analyse qualitative par entretiens pour comprendre comment les innovations sont mises en place par des acteurs de la filière dans les territoires

« L’innovation n’est pas seulement technologique, elle revet diverses formes »

Les objectifs du projet : étudier et caractériser les nouvelles formes d’organisation productive au sein des filières agroalimentaires

L’innovation est abordée au sens large à la fois dans ses dimensions techniques, organisationnelles et institutionnelles.

Les entreprises mobilisent leurs ressources internes pour innover, mais l’innovation dépend aussi de leur capacité à mobiliser leur environnement externe, qui renvoie à des dimensions sectorielles et de marché, mais aussi à l’environnement géographique et institutionnel. L’innovation s’inscrit donc dans un cadre ouvert, où l’accent est mis sur l’analyse des interactions entre acteurs (co-évolution), tant dans la dimension de coordination entre les acteurs d’une filière que dans celle de la co-existence de différentes formes d’organisation à l’échelle des territoires.

REPRO-INNOV : Réorganisations productives et innovations dans les filières agroalimentaires

Acteurs - filières agroalimentaires - territoire
Cette vidéo a été réalisée par :
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Conversion à l’Agriculture Biologique : portraits d’éleveurs

Conversion à l’AB : quelles motivations et satisfactions des éleveurs laitiers aveyronnais ?

 

Passer son exploitation « conventionnelle » en agriculture biologique, quelle aventure ! Par où commencer, quels leviers activer, quels partenaires, comment adapter son exploitation aux nouvelles contraintes réglementaires ? Pour ceux qui souhaitent se lancer, les questions d’ordre matériel et psychologiques sont parfois nombreuses.

Pas de panique : des agriculteurs pionniers ont su contourner les écueils et parvenir à destination pour mieux vous raconter leur parcours, parsemé de doutes, d’obstacles mais aussi, comme souvent dans les grandes aventures, de belles surprises.

Ces témoignages issus du travail de thèse mené par Maëlys Bouttes, soutenu par l’INRA et la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron montre comment de nombreux agriculteurs ont navigué entre les récifs pour écrire une nouvelle page de l’histoire de leur exploitation agricole, entre la redécouverte d’un métier qui les passionne et l’adaptation à un monde en perpétuelle mutation.

 

Prendre ou non le train de l'AB ?
© Dessin de Z’lex
Avec une filière laitière conventionnelle en crise (1ère crise en 2009, fin des quotas en 2015…), et le fort développement de l’agriculture biologique lié à une demande croissante, de nombreux éleveurs prennent le virage de l’AB.
En Aveyron, environ 50 fermiers ont décidé de se convertir en 2016. Une équipe de chercheurs s’est intéressé, avec la chambre d’agriculture de l’Aveyron et l’APABA, aux stratégies et motivations de ces éleveurs, pour savoir si la conversion à l’AB est un moyen de réduire la vulnérabilité des exploitations laitières.
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Dès le départ les objectif de recherche de Maëlys sont clairs : comprendre les motivations des éleveurs à la conversion, et comment évoluent leurs pratiques et leur satisfaction pendant la conversion. En effet, si la conversion en Agriculture Biologique demande parfois une réorganisation productive et une charge de travail supplémentaire,elle amène aussi les agriculteurs à sortir de la routine pour réinventer leur métier.

En partenariat avec la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron et l’APABA, Maëlys Bouttes a conduit des entretiens annuels entre 2016 et 2018 auprès de 19 fermes d’élevage bovin laitier en Aveyron ayant commencé leur conversion en 2016. De quoi dresser un tableau représentatif des agriculteurs de la région.

A près plusieurs années de rencontres et d’innitiatives innovantes, voici les quelques convlusions de l’enquête :

Quelles motivations à la conversion ?

Au-delà de préoccupations environnementales, économiques ou idéologiques souvent mises en avant, les motivations des éleveurs sont souvent de trouver des solutions pour se sortir d’une situation conventionnelle compliquée. L’AB leur apparaissait comme un mode de production offrant davantage de perspectives économique. Contrairement aux iidées reçues, le passage en Bio n’est pas toujours militant. Si les motivations peuvent être liées au désir de diminuer les produits phytosanitaires, elles peuvent aussi être synonymes de développement économique.

Quelle satisfaction en fin de conversion ?

Maëlys Bouttes a demandé aux éleveurs d’évaluer eux-mêmes leur satisfaction en donnant leur perception (sentiment d’amélioration, de dégradation, ou sans changement perçu) sur 5 catégories : Économique, Agronomique, Zootechnique, Social, Conditions de travail.

Dans l’ensemble, les éleveurs sont satisfaits en fin de conversion.

  • Les évaluations négatives concernent seulement 6% des réponses, soit 94% d’évaluations positives ou neutres.
  • Pendant la conversion, pour la majorité des exploitants, la perception sur ces 5 catégories ne s’est pas dégradée.
  • En fin de conversion, les exploitants déclarent une forme de satisfaction sur au moins 4 des 5 critères.

La conversion en Bio doit donc être vue comme un ensemble qui réunit différents facteurs sociaux et économiques.

Évolution des pratiques

Parmi les 19 fermes suivies, on trouve une diversité de trajectoires selon la situation avant conversion de la ferme (plus ou moins éloignée des pratiques généralement observées en bio) et selon l’ampleur des changements de pratiques mis en oeuvre pendant la conversion.

Globalement, à l’issue de la conversion, les 19 fermes se sont fortement orientées vers l’herbe et le pâturage, ce qui a nécessité, pour certaines, des changements très importants en l’espace de 2 ans (par exemple, passer d’un système zéro pâturage à 7 mois de pâturage dans l’année).

Si cette réorganisation demande des investissements en temps et en argent, elle est en général suivie d’une amérlioration des conditions de travail. La recherche de l’autonomie fourragère notamment donnera peut-être sa pleine mesure dans quelques années, lorsque les flucturations des marchés (protéines notamment) se feront davantage sentir.

D’après l’étude, les agriculteurs s’étant engagés en bio en 2016 y voyaient d’abord une solution pour préparer l’avenir. Mais en faisant un investissement sur le long temer, les agriculteurs ont presque trouvé une satisfaction sur le court terme : Les éleveurs sélectionnés insistent d’ailleurs sur les rencontres sociales riches que le changement a pu provoquer : les échanges avec les conseillers et les autres agriculteurs -ressources ont renforcé leur motivation pendant la conversion et permis de faire naître de nouveaux projets.

 

Emmanuel et Céline, Roland, Emmanuel et Vincent… Tous sont éleveurs de vaches laitières et ont initié une conversion à l’agriculture biologique (AB) en 2016. Début 2019, ils ont accepté de livrer leur témoignage sur cette conversion : Quelles ont été leurs motivations pour initier cette conversion ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme depuis 2016 ? Quel bilan peuvent-ils déjà donner 3 ans après et quelle satisfaction en retirent-ils ?

« Qualité plutôt que quantité ». Emmanuel et Céline Cayron, GAEC Parlan Bio, Aveyron.

Pour leur conversion, Emmanuel et Céline Cayron, éleveurs de vaches laitières à Sainte-Juliette-Sur-Viaur en Aveyron, ont investi dans une faucheuse auto-chargeuse, ont mis en place le pâturage tournant dynamique et… ont suivi plusieurs formations.

« Que du positif ». Emmanuel Vernhet et Vincent Grès, GAEC des Tinarole, Aveyron.

 

Pour Emmanuel Vernhet et Vincent Grès, éleveurs de vaches laitières en Aveyron. Anglars-Saint-Félix en Aveyron, le premier changement a été sur les cultures : moins de céréales, moins de maïs, plus de prairies.

« Cultiver l’optimisme ». Edith et Pascal Capèle, GAEC La ferme de la Craupinère, Ille-et-Vilaine.

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« Les agriculteurs bio ? Des marginaux ! » … c’est ce que pensaient Edith et Pascal Capèle, éleveurs de vaches laitières en Bretagne, avant d’entamer eux-mêmes leur conversion à l’AB suite à la crise laitière de 2015.

« Un changement qui booste». Roland Vidal. Le Vibal, Aveyron.

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Crise du lait, rencontres, atelier de poules pondeuses… Pour Roland Vidal, éleveurs de vaches laitières en Aveyron, plusieurs éléments sont à l’origine du « déclic » du passage en bio !

 

« Renaissance ». Nadia et Patrice Hamoniaux, GAEC Hamoniaux, Côtes d’Armor.

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Qualité de vie, entraide entre agriculteurs, souci de la terre et de leurs bêtes : pour Nadia et Patrice, la conversion à l’AB est aussi une autre façon de vivre… en cohérence avec leurs valeurs !

« On n’est pas des numéros ». Céline et Martial Beasse, EARL Beasse, Ille-et-Vilaine.

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Pour Céline et Martial Beasse, éleveurs de vaches laitières prim’holstein en Bretagne, si la crise de 2015 a été l’élément déclencheur vers leur conversion à l’AB, ce sont surtout les rencontres et les formations qui ont permis à l’idée de faire son chemin pour devenir réalité… non sans difficultés dans les 2 années de conversion, mais heureusement une grande satisfaction aujourd’hui.

« Libres et sereins ». Marie et Erwan Henry, EARL du Menez Bre, Côtes d’Armor.

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Jusqu’en 2014, Marie et Erwan Henry, éleveurs de vaches laitières et porcs en Bretagne, semblaient subir leur système de production. En 2014, le choix de passer en bio devient évident et leur ouvre alors les portes vers d’autres choix possibles pour améliorer leur système…

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« Cultiver l’être ». Didier Larnaudie et Alain Beyer, GAEC des Fontanelles, Aveyron.

Motivés pour changer de pratiques et de rythme de vie, Didier Larnaudie et Alain Beyer, éleveurs de vaches laitières en Aveyron, mettent les aspects humains du métier d’agriculteur au cœur de leur témoignage sur leur conversion à l’AB.

 

Série réalisée par Maëlys Bouttes et Arnaud Mansat, dans le cadre du projet de thèse de Maëlys Bouttes dirigé par Guillaume Martin (INRA UMR AGIR). Contributeurs : INRA, Chambre d’Agriculture de l’Aveyron, APABA. Soutiens : projet PSDR Occitanie, INRA, région Occitanie, CASDAR Résilait, ANR Tatabox, CASDAR Optialibio, INP, Ecole des docteurs de Toulouse.

Ces vidéos de témoignages peuvent être mobilisées comme support de formations, de cours,d’échanges. N’hésitez pas à contacter PSDR-Occitanie[a]inra.fr pour obtenir les versions en haute qualité. Une version sous-titrée est aussi disponible sur youtube pour chaque vidéo si vous souhaitez les utiliser sur des salons.

 

Voir aussi

  • Vous souhaitez en savoir plus ? Cliquez ici pour découvrir les résultats du travail de recherche sur les motivations et stratégies de conversion à l’AB mené par les scientifiques de l’Inra Occitanie Toulouse.
  • Et pour aller plus loin, retrouvez les publications en lien avec ce travail sur le site Research Gate

 

 

Photo Matthieu Chanel [Agrobio 35]. © Photo Matthieu Chanel [Agrobio 35]

 

En aveyron, il y avait jusqu’en 2015 seulement une quarantaine d’agriculteurs biologiques sur 1200 producteurs laitiers, alors que pendant la seule année 2016, environ 50 fermiers ont décidé de se convertir.

Pourtant, la période de conversion en elle-même n’est pas dénuée de risques. C’est en effet un moment, qui peut durer jusqu’à deux années, où les pratiques sont modifiées sans pouvoir valoriser immédiatement cette transition.

Pour expliquer le choix de se convertir, il s’est avéré que des facteurs très subjectifs et personnels entraient donc en jeu : non seulement le gain économique supposé et le meilleur impact environnemental ; mais aussi le fait de pouvoir maintenir une exploitation familiale, d’imaginer de meilleures conditions de travail ou de bénéficier d’un apprentissage collectif et ainsi d’accroître ses compétences personnelles. En somme, les agriculteurs interrogés perçoivent ce « pari sur l’avenir » comme une opportunité de travailler en meilleure adéquation avec leurs valeurs personnelles. Un autre des résultats majeurs de cette enquête est le fait que les agriculteurs concernés considèrent ce modèle agricole comme moins risqué que le conventionnel puisque s’éloignant de la logique d’agrandissement systématique (économies d’échelles).

Ces travaux ouvrent la voie à une réflexion sur la diminution de la vulnérabilité des exploitations laitières en conversion biologique, qui demeure importante. Ils offrent également des données pour permettre aux conseillers agricoles et aux décideurs publics de mieux accompagner les agriculteurs.

 

Une série réalisée par Maëlys Bouttes et Arnaud Mansat, dans le cadre du projet de thèse de Maëlys Bouttes dirigé par Guillaume Martin (INRA UMR AGIR). Contributeurs : INRA, Chambre d’Agriculture de l’Aveyron, APABA. Soutiens : programme PSDR Occitanie, INRA, La Région Occitanie, CASDAR Résilait, ANR Tatabox, CASDAR Optialibio, INP, Ecole des docteurs de Toulouse, Agence BIO.

 

L’écologie chimique, Kesako ?

 

L’écologie et la chimie ne font a priori pas bon ménage. Une science ose pourtant associer les deux termes : l’écologie chimique. Elle s’intéresse aux messages chimiques qui régissent les relations entre les individus d’une ou de plusieurs espèces, animales ou végétales. L’application la plus connue en grandes cultures concerne l’utilisation de phéromones sexuelles des femelles de Lépidoptères pour piéger des insectes mâles (notamment sur pyrale du maïs).

Des repères olfactifs produits par les cultures

Le pouvoir des odeurs vaut aussi entre une plante et un insecte. Ce dernier ne colonise pas une parcelle sans y avoir été attiré par une odeur, surtout s’il est monophage. C’est par exemple le cas de fleurs qui diffusent certains composés pour attirer les insectes pollinisateurs. Ce ne sont pas des phéromones, qui servent d’intermédiaires entre individus de la même espèce, mais des médiateurs inter-espèces. Ces odeurs ou « messages chimiques » servent généralement à la reconnaissance de plante-hôte. A terme, ces substances pourraient être reproduites et pulvérisées au champ pour du piégeage de masse ou amener de la confusion chez les ravageurs. Elles pourraient également servir en sélection : pourquoi ne pas s’intéresser préférentiellement aux plantes qui n’émettent pas, ou peu, ces substances et peuvent esquiver les attaques ?

C’est tout le sens des travaux conduits au laboratoire de l’INRA de Versailles : comprendre les comportements des insectes, identifier précisément les substances produites par les plantes et les proportions des mélanges efficaces pour les reproduire à l’échelle industrielle, et développer des diffuseurs dans lesquels les messages chimiques sont stables dans le temps.

 

L’objectif de l’écologie chimique est de manipuler le comportement des insectes pour les empêcher de se reproduire ou de reconnaître leur plante-hôte.

Comment décoder le message attractif ?

Le décodage d’un message olfactif attractif pour un insecte donné passe par trois étapes successives.

Il s’agit dans un premier temps de collecter les « odeurs » diffusées par les plantes. Une odeur est généralement un mélange de composés organiques volatils dont la concentration de chacun est déterminante. Pour cette collecte, des fibres de résine ayant une très grande affinité avec ce type de composés sont placées sur les fleurs, les feuilles, les tiges voire les racines des plantes. La difficulté réside dans le fait que les messages chimiques sont parfois produits dans de très faibles quantités, de l’ordre du nanogramme (10-9 g). Heureusement, les spectromètres de masse couplés à la chromatographie en phase gazeuse permettent aujourd’hui de décomposer les  constituants d’une odeur. Ils donnent en quelque sorte une « empreinte digitale » des messages chimiques émis par les plantes.

Dans une seconde phase, la perception par les insectes de chaque composé collecté est mesurée par électroantennographie (EAG). Cette technique consiste à mesurer la réponse des organes sensoriels que sont les antennes en y connectant des électrodes. Lorsqu’un signal nerveux provoque une dépolarisation, c’est que l’insecte perçoit le composé auquel il est soumis. Plus la dépolarisation est importante, meilleure est la perception. Les composés qui sont les mieux perçus deviennent des substances candidates testées sur le comportement des insectes lors de la dernière étape.

Il s’agit alors de déterminer si l’odeur perçue par l’insecte est attractive ou répulsive. Ce type d’expérimentations se déroule dans des « tunnels de vols » ou des tubes en Y : des individus mâles et femelles, placés à une extrémité, sont lâchés alors qu’une odeur simple ou composée est diffusée par ventilation à l’autre extrémité de l’appareil. Le comportement des insectes, qui restent immobiles ou se déplacent vers le diffuseur, renseigne sur l’attractivité du message chimique proposé.

ARVALIS – Institut du végétal et l’Inra ont initié des travaux sur la pyrale du maïs et la bruche de la féverole afin d’explorer les perspectives offertes par ces nouvelles méthodes de lutte.

Présentation de l’EPL de Toulouse

Présentation de l’EPL de Toulouse : vidéo réalisée par Miamedia from Miamedia TV on Vimeo.

 

 

L’EPL de Toulouse est engagé dans le plan Ecophyto

Découvrez l’EPL de Toulouse-Auzeville, ses projets dans de développement en agro-écologie et ses filières d’études.

Connaître l’Adn de son sol pour mieux le préserver

Connaître l’Adn de son sol pour mieux le préserver from Miamedia TV on Vimeo.

Prélever, analyser et séquencer l’ADN des sols, c’est le travail des chercheurs de l’Inra Dijon. L’objectif ? Mieux connaître son sol pour davantage le protéger.

Découvrez la biodiversité de votre verger

 

Qui vit dans vos arbres ? Des méthodes simples pour connaître la biodiversité de votre verger

 

La biodiversité au potager est très importante, notamment pour la lutte contre les ravageurs. Apprenez à connaître la vôtre dans votre verger pour diminuer vos traitements phytosanitaires.